Que se passe-t-il après la mort, et que dit réellement le Coran à ce propos ?:



Introduction :


Imaginez un peu que tout ce qu'on nous a raconté sur le sujet ne sont en réalité que des arguments et des avis donnés par des humains, et que certaines croyances ne sont en réalité que des mythes fabriqués ?

Nous sommes en droit de nous poser des questions sur un monde invisible que chacun connaîtra. Et en tant que musulmans, nous sommes en droit de savoir ce que dit explicitement le Coran, la référence indiscutable en islam, sans que viennent perturber notre croyance les hadiths douteux et les avis divergents des prédicateurs religieux.

 

·       Qu'est-ce que la mort et est-elle une fin ?

·       Que deviennent nos corps et nos âmes après la mort ?

·       Existe-t-il réellement un châtiment de la tombe et ses délices ?

·       Que se passe-t-il réellement après notre mort ?

 

Le but de cet exposé n'est pas de remettre en question la foi en la mort, car c'est une vérité manifeste, mais de dévoiler certaines informations occultées et les avis qui différent sur le sujet. Oui il existe des divergences énormes et des faussetés qu'il faut mettre en évidence afin que chacun puisse se faire sa propre opinion.

 

 

Partie 1 :

 

La mort dans la croyance musulmane se résume en une étape, un passage de la vie sur Terre vers la vie éternelle de l’Au-delà. Toute être vivant goûtera à cette mort, chez les humains, comme chez les animaux, les djinns, les anges, et d’autres espèces visibles et invisibles...

 

Le Coran rappelle dans la Sourate 29 ; Verset 57 :

« Toute (âme* - Nafs) goûtera la mort. Ensuite c’est vers Nous que vous serez ramenés ».

 

Puisque les preuves sont matérielles, tout le monde croit en la mort, mais les divergences s’opèrent sur ce qui se passe après celle-ci.

Avant d’entamer notre exposé, il ne faut pas perdre de vue un fondement en islam : SEUL DIEU CONNAIT LE MONDE INVISIBLE (en arabe : AL GHAÏB). Par conséquent, seule la Révélation (le Coran) est la source authentique et indiscutable à propos des informations liées à l’Au-delà. Même les Prophètes ignoraient tout de ce monde invisible et ne déclaraient que ce que Dieu voulait leur révéler.

 

Interrogé sur le sujet par les mecquois, le Prophète de l’islam leur répondit par le Coran, en ces termes :

 

« Dis- [leur Ô Prophète Mohammed] : « Je ne vous dis pas que je détiens les trésors de Dieu, ni je connais le monde invisible (Al Ghaïb), et je ne vous dis pas que je suis un ange. Je ne fais que suivre ce qui m'est révélé ».

Sourate 6 ; Verset 50

 

Si le Messager de Dieu, paix et salut sur Lui affirme dans ce verset ne rien connaitre du monde de l’invisible (Al Ghaïb), et qu’Il ne fait que suivre la Révélation, c’est-à-dire le Coran, alors à notre niveau, et au vu de la gravité autour de ce sujet, nous n’évoquerons que la source coranique, indiscutable et qui fait l’unanimité, nous resterons ainsi en conformité avec ce Verset et avec la Parole prophétique.

 

Ce thème a fait l’objet de tant d’interprétations et de spéculations humaines, des divergences entre les spécialistes anciens et contemporains, entre les philosophes et les religieux. Enfin, il existe des hadiths (paroles) attribués au Prophète, tantôt authentiques pour certains, tantôt remis en cause par d’autres, alors que plusieurs les rejettent en bloc, car forgés ou en contradiction avec la Révélation Coranique.

 

 

Partie 2 :

 

Rappelons que tout être vivant, qu’il soit humain ou animal, voir même le djinn et l’ange, nous sommes tous constitués d’un corps (Djisme) et d’une âme (Nafs).

 

Cependant l’Homme adamique, si nous admettons que d’autres espèces humaines ont pu exister avant l’avènement d’Adam et de sa descendance, ces derniers ont été honorés d’une troisième entité : « l’Esprit » (Ar-Rouh), ce Souffle divin insufflé en lui à sa création. Cette entité demeure exclusive à Adam et à sa descendance, et à nul autre.

 

Certains confondent entre « Ar-Rouh », cet Esprit (Souffle de Dieu insufflé en l’Homme), et entre « An-Nafs » traduit en français par le mot « âme ».

 

Or le Coran fait la distinction entre ces deux entités, comme le montrent les Versets 71 et 72 de la Sourate 38 :

 

« Quand ton Seigneur dit aux Anges : « Je vais créer d'argile un être humain. Quand Je l'aurai bien formé et lui aurai insufflé de Mon Esprit, jetez-vous devant lui, prosternés. »

 

1) « Je vais créer d'argile un être humain » : Ici c’est la création du corps humain à partir des éléments terrestres

 

2) « Quand Je l'aurai bien formé (ou façonné) » : par là nous comprenons que Dieu donne vie à ce corps inerte en lui donnant une âme, et le voilà un être vivant. Cela est d'autant plus confirmé dans un autre passage : Dans la Sourate 91 versets 7, Dieu est plus explicite encore en ces termes : « Et par l'âme (Nafs) et Celui qui l'a harmonieusement façonnée ».

 

3) « Et lui aurai insufflé de Mon Esprit » : ensuite vient le Souffle divin, celui qui honora Adam et pour lequel les anges furent commandés de se prosterner devant cet Être, le Successeur (Khalifa) sur Terre.

 

Ce passage coranique montre clairement les trois entités qui constituent l'être humain adamique; ces informations sont importantes pour comprendre la suite de notre exposé.

 

Partie 3 :

 

Lorsque la mort atteint une personne, ces 3 entités humaines : Le Corps (Al-Jism) – L’âme (An-Nafs) – L’esprit (Ar-Rouh) se séparent et chacun rejoint sa destinée.

 

Pour ce qui est du « Djism », ce corps d’argile, celui-ci à la mort retourne à son origine terrestre en se décomposant, il redevient poussière et ne sera ressuscité qu’au Jour de la Résurrection, sur la Terre du Rassemblement ultime comme l’affirme le Coran dans plusieurs passages. Ainsi dans la Sourate « Ya-sine », Verset 51, Dieu dit :

 

« Et on soufflera dans le Cor, et voilà que, des tombes, ils (êtres humains) se précipiteront vers leur Seigneur ».

 

Quant à l’âme « An-Nafs », c’est elle qui connaîtra la mort comme cela est explicitement décrit dans le Coran :

 

« Toute (âme* - Nafs) goûtera la mort. Ensuite c’est vers Nous que vous serez ramenés ». Sourate 29 ; Verset 57

 

Au Jour de la Résurrection Dieu ordonnera aux âmes de rejoindre leurs corps respectifs, et voilà que des tombes sortent les ressuscités en direction de la Terre du Rassemblement. Dieu dit :

 

« Ô toi, âme apaisée, retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée, entre dans (les corps) de mes serviteurs, et entre dans Mon Paradis ». (Sourate 89 – Versets 27-28)

 

Cette « Nafs » - donc l’âme est celle qui nous anime, elle fait de nous des êtres vivants, elle renferme en elle nos croyances, notre piété, nos perversités, nos désirs, nos passions, nos sensibilités, nos humeurs…

 

Il est à rappeler également que le Coran distingue 3 états de cette âme :

 

1) L’apaisée.

 

En Arabe « A-Nafs el-motmaïnna », c’est l’âme croyante, pieuse et en paix avec elle-même. Dieu évoque cet état d’âme déclarant :

 

« Ô toi, âme apaisée ! Retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée ». (Sourate 89 – Versets 27-28)

 

2) Celle qui reproche.

 

En arabe « An-Nafs Al-Laouama ». C’est l’âme sans cesse entrain de reprocher ses faiblesses, ses lacunes, celle qui pèche et se repend aussi. Certains qualifient cette âme de croyante puisqu’elle se remet en cause, elle regrette, et si Dieu jure par celle-çi, elle est forcément croyante, puisqu’elle cherche le repentir. Ainsi le Coran révèle cette Parole de Dieu :

 

« Je jure par l’âme qui ne cesse de reprocher… » (Sourate 75, verset 2).

 

3) L’instigatrice du mal

 

Pour ce qui est de l’âme instigatrice du mal, puisse Dieu nous en préserver, elle est mauvaise et n’aspire qu’au mal, elle est en cela l’esclave du diable, elle n’est animée que par le blâmable. Dieu l’évoque dans le Coran :

 

« L’âme est instigatrice du mal » (Sourate 12, verset 53).

 

Retenez qu’il existe un avis divergent, certains prédicateurs musulmans avancent l’idée que l’âme est éternelle et elle ne meurt pas, or ces derniers confondent cette âme avec l’esprit « Ar-Rouh ». Pourtant le Coran fait bien la distinction entre « Nafs » et « Rouh », c’est cette dernière qui est éternelle et ne connait ni mort ni fin. C’est le souffle insufflé dans ce corps humain et par lequel l’Humain a été honoré et élevé au reste des créatures.

 

 

Partie 4 :

 

Quant au « Ar-Rouh » - L’Esprit, ce Souffle de Dieu, retenons simplement que cette entité, comme le rappellent certains spécialistes musulmans renferme la conscience humaine, la raison et la sagesse. Elle permet aussi au fils d’Adam de méditer, d’analyser, et de se projeter dans l’avenir, choses que les animaux par exemple sont incapables d’accomplir. Si l’être animal ne soucie guère de la mort, elle est pour l’humain un sujet d’inquiétude permanente, elle le terrorise parfois, car cet « Esprit » en lui aspire à l’éternité et ne supporte guère l’idée que tout s’arrête un jour.

 

« Ar-Rouh » demeure éternelle et ne connait pas de fin. Le mystère plane autour de cette entité qui constitue l’Humain adamique, et Dieu n’a rien révélé à son sujet. On interrogea le Prophète sur « Ar-Rouh », Il répéta alors la Révélation coranique, où Dieu répond directement à la question dans la Sourate « Isra’ », Verset 86 :

 

« Et ils t'interrogent au sujet de « Ar-Rouh » (l’Esprit – Traduit souvent d’une façon erronée pas l’âme), - Dis : « « Ar-Rouh » relève de l'Ordre de mon Seigneur ». Et vous n’avez été dotés que peu de science (pour percer son mystère) ».

 

« L’Esprit » est le don de Dieu accordé aux fils d’Adam, il rappelle à chacun le sens de la vie, il manifeste sans cesse son inquiétude de la mort quand son âme oublie et s’égare. « Ar-Rouh » est de bonne nature, il est le Souffle de Dieu qui n’aspire qu’au retour à Dieu l’Eternel, à son Pardon et à être enveloppé dans la Miséricorde de son Seigneur, et quelle belle attente dans le monde du « Barzakh » après la mort, tel un beau rêve, en attendant le moment où l’on annoncera la Résurrection.

 

Cependant si cet « Esprit » oublie même la mort, il tombe dans l’insouciance de son vivant sur cette Terre ne laissant qu’agir les passions bestiales voir mêmes démoniaques de son âme (An-Nafs), alors la peur et l’angoisse le rongeront jusqu’au jour où Dieu décidera de son sort. Dieu dit à ce propos :

 

« Ne vois-tu pas celui qui a fait de sa passion sa divinité ? Est-ce à toi d'être un garant pour lui ? Ou bien penses-tu que la plupart d'entre eux entendent ou comprennent ? Ils ne sont en vérité comparables qu'à des bestiaux. Ou plutôt, ils sont plus égarés encore du sentier ». Sourate 25 ; Versets 43-44

 

Si son corps devient poussière, et si son âme meurt, cet « Esprit » craintif de la mort reste bel et bien vivant et éveillé. Il portera en lui le poids de sa négligence, de son insouciance et de l’injustice commanditée par son âme instigatrice du mal et exécutée par les membres de son corps.

Pour lui c’est un long cauchemar qui débute, tels les cauchemars que chacun peut connaitre durant son sommeil dans la vie terrestre, mais cette fois-ci c’est dans le monde intermédiaire, celui du Barzakh, dans l’attente du Jour de la Résurrection.

Voilà pourquoi Dieu s’adresse sans cesse à cet « Esprit » - « Ar-Rouh » afin de purifier son âme, et à ce propos méditons ces Versets de la Sourate « Le Soleil » où Dieu dit :

 

« Et par l'âme « An-Nafs » et Celui qui l'a harmonieusement façonnée ; et lui a alors inspiré son immoralité, de même que sa piété ! A réussi, certes celui qui la purifie. Et est perdu, certes, celui qui la corrompt ».

 

 

Partie 5 :

 

Quand la mort arrive, c’est le moment de l’agonie, parfois courte pour certains, parfois longue et pénible pour d’autres. Durant ces instants avant de rendre le dernier soupir, l’humain est plus proche de l’Au-delà que de son entourage terrestre. Ainsi Dieu dit :

 

« Lorsque le souffle de la vie remonte à la gorge (d'un moribond), et qu'à ce moment-là vous regardez, et que Nous sommes plus proche de lui que vous [qui l'entourez] mais vous ne [le] voyez point ». (Sourate al-Waqi'a: 83-85)

 

L’agonisant verra toutes sortes de choses qui lui étaient invisibles de l’au-delà. Il verra les anges venus accueillir son âme en même temps que son Esprit. La bonne âme sortira accueillie de la plus belle manière par ces anges, alors que l’instigatrice du mal refusera de quitter son corps, bouleversée par le spectacle grandiose devant elle. Dieu dit à ce propos dans la Sourate « Les Bestiaux, Verset 93 :

 

« Si tu voyais les injustes lorsqu'ils seront dans les affres de la mort (Agonie), et que les Anges leur tendront les mains (disant) : « Laissez sortir vos âmes … »

 

L’âme injuste suppliera son Seigneur de la ramener sur Terre pour faire le bien, comme cela est rapporté dans la Sourate « Les croyants », Verset 100 :

 

« ...Puis, lorsque la mort vient à l'un d’eux (les injustes), il dit : « Mon Seigneur ! Fais-moi revenir (sur terre), afin que je fasse du bien dans ce que je délaissais. » Non ! C’est simplement une parole qu'il dit. Derrière eux, cependant, il y a une barrière, jusqu'au jour où ils seront ressuscités ».

 

C’est un moment affreux pour les orgueilleux, les ingrats et les injustes, mais une joie pour le reconnaissant et le juste, chacun sera accueilli selon ses intentions et son œuvre sur Terre. Seul Dieu sait qui mérite le bel accueil ou le mauvais.

 

De là chaque âme accompagnée de son Esprit entrera dans ce monde intermédiaire, appelé dans le Verset ci-dessus : Al Barzakh, une sorte de frontière qui sépare la vie terrestre de ce monde intermédiaire et du Jour de la Résurrection. Mais alors que se passe-t-il dans ce monde du « Barzakh ?

 

Jusqu’à là, la très grande majorité des spécialistes de la question parmi les musulmans sont convergents, puisque c’est le Coran qui l’affirme. Les divergences surviennent autour de ce qui se passe réellement dans le monde des morts (Al Barzakh). A ce titre, il existe au moins trois avis :

 

1) L’avis le plus répandu narre le récit où les gens sont soit châtiés dans leurs tombes, soit ils y connaîtront les délices. Chacun dans sa tombe saura s’il est élu au paradis ou bien en enfer. Ils affirment qu’il y a un pré jugement, les corps sont concernés autant que les âmes. Pour cela, ils s’appuient sur des Hadiths, dont la plupart relatent surtout les châtiments affligés aux « Kafir ».

 

2) Le second avis est diamétralement opposé au premier, puisque les adeptes de cette opinion rejettent toute forme de pré jugement, de supplices ou de délices dans la tombe. Ils rejettent les hadiths, car ils y trouvent des contractions et des failles, et donc leurs arguments se fondent principalement sur le Coran. Pour eux, le châtiment de la tombe est une pure invention influencée par l’excès de certains traditionnistes musulmans, et les croyances zoroastriennes (anciennes croyances perses).

 

3) Il existe enfin un avis intermédiaire : ses adeptes rejettent également toute forme de pré jugement, de châtiment corporel ou de délice physique. Pour ces derniers, la mort est semblable un profond sommeil où chacun ressentira des choses sous forme de rêve ou de cauchemar perpétuels, chacun selon son œuvre sur Terre. Pour eux seule l’agonie, cette rencontre avec l’Ange de la mort reste l’instant physique, car une fois la frontière du Barzakh franchie, c’est une sorte de profond sommeil jusqu’au jour où l’on sera ressuscité.



Partie 6 :

 

Excepté cet instant de l’agonie : la rencontre de l’Homme avec le monde « Al-Ghaïb » - L’Au-delà, où les anges viennent ôter l’âme, rien dans le Coran ne stipule explicitement qu’il existe un châtiment physique dans la tombe, ni que d’autres connaitront ses délices. Il y a la mort, ce passage dans le monde du Barzakh, et ensuite chacun sera ressuscité comme cela est rappelé d’ailleurs dans le verset suivant :

 

« Dis : "La mort que vous fuyez va certes vous rencontrer. Ensuite vous serez ramenés à Celui qui connaît parfaitement le monde invisible et le monde visible et qui vous informera alors de ce que vous faisiez.” » (Sourate 62 ; Verset 8)

 

Comment Dieu peut-Il châtier une personne sans l’avoir au préalable jugé ? Pourquoi y’aura-t-il un jugement de Nakir et munkir dans la tombe, alors Dieu déclare que chacun sera jugé et rétribué après le Jour de Résurrection ?

Le Verset suivant est plus explicite encore, Il déclare que la rétribution, c’est-à-dire la récompense ou le châtiment ne se feront qu’après la Résurrection :

 

« Toute âme goûtera la mort. Mais c'est seulement au Jour de la Résurrection que vous recevrez votre entière rétribution. Quiconque donc est écarté du Feu et introduit au Paradis, a certes réussi. Et la vie présente n'est qu'un objet de jouissance trompeuse. » (Sourate 3, Verset 185).

 

Dieu évoque dans le Coran un autre Verset dévoilant un détail de poids, en effet, Il révèle que les morts seront ressuscités après un long sommeil, et non un châtiment physique. Dieu parle de ces criminels qui seront ressuscités au Jour de la Résurrection sortant de leurs tombes, s’écriant :

 

« Et on soufflera dans la Trompe, et voilà que, des tombes, ils se précipiteront vers leur Seigneur, en disant : "Malheur à nous ! Qui nous a ressuscités de là où nous dormions ?" C'est ce que le Tout Miséricordieux avait promis ; et les Messagers avaient dit vrai ». 

Sourate 36 ; Versets 51-52

 

Ces criminels auront-ils oublié les supplices de la tombe ? S’il y avait un réel châtiment physique, ils n’évoqueraient pas le sommeil comme s’ils venaient de sursauter de leurs lits, mais ils décriraient leurs supplices terrifiants dans la tombe. Ainsi l’avis que la mort est un profond sommeil est fondé sur ce Verset. Le seul Verset sur lequel s’appuient les adeptes de l’avis qu’il y a un châtiment dans la tombe est le suivant :

 

« Le Feu, auquel ils sont exposés matin et soir. Et le jour où l’Heure arrivera (il sera dit) : "Faites entrer les gens de Pharaon au plus dur du châtiment". »  (Sourate 40 ; Verset 46).

Or l’explication de ce verset diverge d’un exégète à un autre. Et rien dans ce Verset ne montre explicitement qu’il s’agisse d’un châtiment de la tombe.

Par ailleurs ce Verset ne concerne que Pharaon et ses alliés. Puis pour d’autres exégètes, l’explication de ce passage : « le feu, auquel ils seront exposés matin et soir », il renvoie aux 7 plaies d’Egypte, et le Verset stipule bien que Pharaon et les siens n’entreront dans le feu qu’après l’Heure (la Résurrection).

D’autres affirment que le monarque et ses suppôts ne seront pas châtiés par le feu physiquement, mais celui-ci leur sera exposé seulement dans la tombe.

Certains enfin disent que la notion du temps « matin et soir » n’est propre qu’a la vie sur Terre, et non dans l’au-delà, donc ce feu a été vu par Pharaon de son vivant… etc.

 

Voilà donc ce que dit réellement le Coran à propos de la mort, aucun Verset explicite ne dévoile de châtiment corporel, ni de délices physiques dans la tombe. Le Coran évoque une sorte de profond sommeil. Le seul moment reste cette agonie, ce passage entre la vie terrestre et l’Au-delà, où les Anges viennent ôter l’âme et son Esprit pour les séparer de leur corps ; pour certains un heureux événement que d’entrer dans la Miséricorde divine, et pour les criminels un laps de temps durant lequel ils connaitront l’avant-goût de leurs méfaits sur Terre.

Puisse Dieu nous accorder une foi profonde, de nous faire aimer le bien pour l’accomplir, répandre la paix et la bonté, de nous envelopper dans sa miséricorde et de nous accorder son pardon.


Le: 2020-08-17 Par: M.A

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