Foi et adoration:



Dans la spiritualité musulmane, l’Homme est invité à vouer une adoration exclusive et conditionnée à son Seigneur comme cela est rappelé dans le Coran :

« Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. » (Coran 51 : 51).

Cette adoration de Dieu ne se limite pas qu’à un ensemble de pratiques cultuelles comme beaucoup l’imaginent, elle touche tous les aspects de la vie. La foi est un acte d’adoration, le souvenir de Dieu est un acte d’adoration, sourire à son prochain est un acte d’adoration, dire merci à celui qui apporte une aide, c’est de l' adoration. Toute belle parole, toute bonne action, toute honorable relation humaine, même la noble intention qui naît dans un cœur sont tous des actes d’adoration. A ce propos le Coran rappelle :

« Dis : Certes ma prière, mon offrande, ma vie et ma mort sont vouées à Dieu, le Seigneur des mondes ».  (Coran 6 : 162 et 163)

 

Dans cet article cependant, intéresserons-nous aux cinq piliers de la religion musulmane. Ils constituent le fondement de l’islam (sous l’angle de l’adoration). Ainsi le Prophète dira :

« L'Islam est bâti sur cinq : l'attestation (chahada) qu'il n'y a pas d'autre divinité qui mérite d'être adorée si ce n'est Dieu et que Mohammed est le Messager de Dieu, l'accomplissement de la prière (Salat), s'acquitter de l’aumône (zakat), le fait de jeûner le mois de Ramadan (Sawm), et l’accomplissement du Pèlerinage à la Mecque (hajj). » (Boukhari et Mouslim)

 

Ces actes d’adoration institués par le Coran ont été pratiqués par le Prophète publiquement, aux vues des milliers de musulmans qui après Lui, de génération à générations se sont transmis ce culte dans les moindres détails (la Sounna pratique).

 

Le premier pilier est le plus important, c’est la clé du paradis, et par ce témoignage (chahada) on adhère à la religion musulmane. Personne sur terre ne peut remettre en cause cette adhésion, si ce n’est Dieu.

 

Le second pilier, c’est la prière qui est une des formes d’adoration des plus importantes dans le Coran, si elle est accomplie avec sincérité et dévotion exclusive à Dieu, elle lie le musulman à Lui, tout en visant aussi à le réformer dans ses pensés et dans ses comportements vers l’excellence. Ainsi Dieu :  

« En vérité la prière préserve de la turpitude et du blâmable. » (Coran 29 : 45)

Si cette prière est accomplie d’une façon machinale, sans foi, ni conviction, ou avec ostentation visant autre que Dieu, elle devient une forme de gymnastique et elle n’agira nullement sur le cœur ni sur le comportement.

 

Le troisième pilier consiste à verser une aumône (2.5% de ses biens) à des catégories de personnes citées dans le Coran, dont les pauvres, les orphelins, et les autres méritants.

Chaque année le musulman la verse, il s’agit donc d’une forme d’adoration obligatoire qui purifie l’âme du musulman et le bénit, comme cela est évoqué dans le Saint Coran : « Prélève de leurs biens une Sadaqa (zakat) par laquelle tu les purifies et les bénis … » (9 : 103)

Par ailleurs, celle-çi fructifie les biens, elle inculque au musulman les valeurs de générosité, de solidarité, de partage et dissipe en lui l’égoïsme et l’avarice.

 

Le quatrième pilier nous appelle au jeûne du mois complet de Ramadan. C’est une adoration obligatoire (sauf pour certains cas : maladie, voyage, pénibilité de travail…etc.). Ce jeûne, s’il est compris et correctement pratiqué, il élève le musulman spirituellement pour atteindre la piété, comme cela est rappelé dans le Coran :

« Ô vous qui croyez, le jeûne vous est prescrit tout comme il a été prescrit à vos devanciers, peut-être atteindrez-vous la piété ». (Coran 2 : 184).

D’une façon générale, le jeûne est une pratique qui enracine en l’Homme des notions et des valeurs écologiques, sanitaires et solidaires, ainsi que le contrôle de soi et de ses bas instincts.

 

Puis vient le cinquième pilier, celui de l’accomplissement du pèlerinage à la Mecque pour y célébrer des actes cultuels particuliers, une fois dans sa vie, pour celle et celui qui en à la santé, les moyens et en période de sécurité. Un acte d’adoration important qui vise également un but précis, rappelé dans le Coran : « pour invoquer le nom de Dieu aux jours fixés… » (22 : 28) 

Cela dans l’espoir que le pèlerin soit compté parmi les pardonnés; par conséquent il doit se méfier de l’ostentation.

 

Il est à rappeler enfin que tous ces actes d'adoration ont pour but de renforcer la foi, de reformer le fidèle vers l'excellence, et que les pratiquer ne font pas de lui un « bon musulman », ni ne le préserveront de la colère de Dieu, si ceux-ci ne le privent pas d'être injuste. A ce titre, rappelons cette Parole prophétique grave, souvent occultée, et qui est à méditer et à prendre en considération :

D’après Abou Horaïra, le Prophète demanda un jour à ses compagnons :


- « Sauriez-vous me dire qui est le perdant ? »

-          Ils dirent : « Le perdant parmi nous est celui qui a perdu son argent et tous ses biens ! »

-          Il dit : « Non ! Le perdant de ma communauté est celui (le musulman) qui viendra le Jour de la Résurrection en ayant accompli ses prières, observé le jeûne (de Ramadan) et s’est acquitté de son aumône (Zakat), cependant qui aura par ailleurs insulté untel, calomnié untel, pris injustement les biens d’untel, versé le sang d’untel ou frappé untel. On répartira alors ses bonnes actions entre ses victimes, et si celles-ci ne suffisent pas à le racheter auprès d’elles, on prélèvera alors de leurs péchés pour les lui imputer avant de le jeter en enfer. » (Mouslim, Ahmad, Tirmidhi)


Le: 2020-04-09 Par: M.A

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