RÉCIT 35 : Mohammed, cet homme respecté et honoré par les mecquois :



Mohammed était devenu un mari et un père de famille exemplaire, aimé et respecté par les mecquois, riches et pauvres, femmes et hommes. Il avait atteint une certaine sagesse qui le distinguait de tous les arabes. Il était réputé pour son honnêteté, c’est ainsi que tous le surnommèrent en arabe « As-Sadiqou Al-Amine », le véridique et digne de confiance, à un tel point que des mecquois préféraient déposer leurs argents et leurs objets de valeur chez lui, en toute sécurité. Les riches sollicitaient ses conseils, les opprimés faisait appel à son secours. Il ne sentait aucun complexe à s’asseoir parmi les pauvres, il les invitait chez lui à partager son repas. Il dépensait de sa fortune pour les bonnes causes, il agissait avec générosité envers les orphelins, envers les plus démunis, car il n’oublia jamais ses origines et ses épreuves.

Il était également très attaché aux liens de parenté, il rendait visite aux membres de sa famille (la tribu Hachim), il leur portait assistance et leur vouait un grand respect. Un jour, voyant Abou Talib dans la détresse, fragilisé par la vieillesse et la pauvreté, Mohammed proposa à ses oncles de le soutenir. Tous s’accordèrent à ce chacun prenne en charge un enfant d’Abou Talib. Mohammed eut à sa charge Ali, le plus jeune des enfants d’Abou Talib. Ali, ce petit enfant, cousin de Mohammed recevra la plus belle éducation, et ne se prosterna jamais devant une statue.

Il est rapporté aussi que Mohammed reçut de Khadija un jeune esclave pour ses services. C’était le célèbre Zayd Ibn Haritha qui fut capturé lors d’une bataille entre tribus arabes et vendu à la Mecque. Khadija l’avait alors acheté pour ses services. Mohammed n’accepta pas l’idée d’avoir un esclave, il décida alors de l'adopter comme son propre. Il alla prêt du sanctuaire sacré, comme voulait la coutume à l’époque, afin de déclarer officiellement l’adoption de Zayd qui devint fils de Mohammed et non son esclave. Avant l’islam, l'éducation de Mohammed fit déjà de lui un opposant à l’esclavage.    

Dans la société, Mohammed vivait parmi ses concitoyens, il s’habillait comme eux, il côtoyait leur marché et leur foire, il participait à l’essor de la cité. Même s’il n’adhérait pas aux croyances et à certaines coutumes païennes et injustes de son peuple, Mohammed contribuait activement à leurs côtés pour des causes justes et nobles.

Un jour, afin d'enrayer la violence et l'injustice à la Mecque, des hommes influents et certaines tribus se sont rassemblés pour se constituer en une confédération concluant un pacte baptisé : « Le Pacte des vertueux » – Hilf Al-Foudhoul. Ce pacte stipulait entre autres de protéger l’étrangers venu à la Mecque, de rendre justice à l’opprimé, etc… Mohammed et Abou Bakr furent présents à cette réunion et y adhérèrent avec ferveur. Alors que Mohammed était Prophète, Il vanta sa participation à ce pacte disant : « J'ai assisté, dans la maison d’Abdoullah fils de Jod'an, à la conclusion d’un pacte (Hilf Al-Foudhoul). Je n'échangerai pas la part que j'y ai prise contre un troupeau de chameaux rouges (d’une grande valeur). Et si on me demandait, maintenant, en Islam, d'y prendre part, je répondrais favorablement ».  

Une autre fois, alors que Mohammed avait atteint l’âge de 35 ans, un incendie se déclara dans la Kaaba dont les murs menaçaient de s’effondrer. Les chefs de Qoreiche décidèrent alors de la démolir pour la reconstruire de nouveau. Or au moment où il fallait placer la pierre noire à son emplacement, les chefs des différentes tribus de Qoreïche divergèrent et une guerre civile allait éclater à la Mecque. La cause de cette divergence : Quelle tribu aurait l’honneur de porter la pierre noire et de la déposer à son emplacement ?

C’est alors qu’un sage vieillard parmi eux prit la parole : « Ô Qoreïche ! Ne vous disputez pas, si vous vous entretuez, qui restera à la Mecque ? Choisissez comme arbitre, entre vous, celui dont vous acceptez l’arbitrage, c’est lui qui désignera qui parmi vous posera la pierre noire à son emplacement. »

Ils tombèrent tous d’accord pour dire : « Nous confierons cette mission à celui qui va entrer le premier par la porte* de Banou Chaïba. » (* Le sanctuaire sacré de la Mecque avait plusieurs entrées (ou portes) chacune portait un nom).
Ils se mirent tous à guetter qui le premier allait entrer dans le sanctuaire sacré par la porte de Banou Chaïba. Et voilà qu’entra Mohammed. C’est alors qu’Ils s’écrièrent tous d’une seule voix : « As-Sadiqou Al-Amine ! Le Véridique digne de confiance ! Nous sommes satisfaits ! Nous sommes satisfaits ! (Pour être notre arbitre) ».

Lorsqu’ils lui expliquèrent la situation, Mohammed prit alors son manteau, l’étendit au sol. Il prit ensuite la pierre noire et la posa dessus. Ensuite Il leur dit : « Que chaque tribu de Qoreïche désigne son représentant ! Chaque représentant viendra pour prendre un bout de ce manteau pour soulever ensemble la pierre noire jusqu’à son emplacement ».
Et c’est ainsi que le feu d’une guerre civile s’éteignit. Tout le monde prit part à cet honneur et ils furent tous satisfaits de l’arbitrage de Mohammed.

Tel fut le rang honorable de Mohammed parmi son peuple. Il était respecté pour sa grande personnalité, un homme aux plus belle qualités morales, d’un comportement exemplaire, aimé pour ses valeurs humaines.

Il est regrettable de voir aujourd’hui certains musulmans réduire Mohammed à une barbe et à une tenue vestimentaire, oubliant ce qui a fait sa grandeur pour être l’Elu de Dieu : Un cœur pur, une belle âme, véridique et honnête, dynamique et positif, humble et généreux, aimant et compatissant, d’une éducation digne des plus grands prophètes et Messagers de Dieu. Avant l’islam il fut le meilleur par son éducation, une fois Prophète, il devint le meilleur éducateur et le model suivre.


Le: 2019-01-08 Par: M.A

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