RÉCIT 61 : Les mecquois se moquent et tournent en dérision le Prophète Mohammed:



Dans cette ambiance de calomnies et de mensonges proférés à l’encontre de Mohammed, le Prophète poursuivrait sa mission en appelant les gens à sa religion, toute en dénonçant certaines graves injustices répandues à la Mecque. Son Message était axé sur deux fondements :

La foi musulmane qui consistait à croire en l’unicité de Dieu, en la prophétie de Mohamed et en l’Au-delà. Il n’y avait aucune obligation d’ordre cultuelle, si ce n’est une incitation à la pratique de la prière et à s’acquitter de la zakat (aumône, donner de ses biens aux pauvres – sans règles juridiques établies jusqu’alors).

Le second fondement tournait autour de l’éthique. Le Prophète appelait aux droits fondamentaux des individus, à la dignité humaine pour les femmes, les esclaves et les plus faibles, ces rejetés de la société mecquoise et arabe. Il vantait les mérites des valeurs morales et humaines, et appelait au respect du voisinage.

Voilà résumé le Message de Mohammed durant toute cette période. Alors qu’il fut imperméable aux calomnies lancées par les seigneurs de la Mecque, le voilà de nouveau victime des moqueries, des insultes, et des agressions physiques. Les premiers musulmans ayant déclaré leur foi ne seront pas non plus épargnés de ces agissements ignobles. Les plus virulents envers le Prophète et les musulmans étaient : Amr ibn Hicham (Abou Djahl) et Omar Ibn Al-Khattab. Abou Lahab également, il ne ménageait pas ses forces pour discréditer le Prophète et de se moquer de Lui. 

Le Prophète sera traité de damné (déformation de son prénom Mohammed par « modhim ». Le premier à lancer cette moquerie est la femme d’Abou Lahab. Cette déformation du Prénom de Mohammed va vexer les musulmans qui demandent au Prophète de les laisser réagir à ces diffamations.  Mais dans sa sagesse, le Prophète répondit : « Laissez-les, car ils insultent un blâmé (modhim), alors que je suis le digne de louanges (Mohammed) ».  N’est-ce pas là une leçon que certains devraient méditer aujourd’hui ?

Al-Boukhari rapporte d'après Ibn Massoud qu'un jour, alors que le Prophète priait, Abou Jahl (un des Seigneurs les plus virulents) ordonna à un de ses compagnons d'apporter le fœtus d'une chamelle sale et de le placer sur son dos. Dès que cela fut réalisé, les mecquois éclatèrent de rires, alors que le prophète s’essuyait.  

Ibn Hicham nous rappelle également l’affaire d’un vulgaire personnage mecquois du nom d’Al-Akhnas ibn Ath-Thaqafi ibn Shuraik qui avait l'habitude de rabaisser le Prophète à tout bout de champ. Un homme odieux, et d’un comportement outrageant. Le Prophète subissait beaucoup de sa méchanceté sans répondre à ses provocations. Il était si méprisant, si inculte envers le Prophète à tel point que Dieu répondit avec dureté à ses agissements outranciers : 

« Et n’obéis à aucun grand jureur, méprisable. Grand diffamateur, grand colporteur de médisance. Grand empêcheur du bien, transgresseur, grand pécheur. Au cœur dur, et en plus de cela bâtard. » (Sourate 68, Versets 10 à 13)

Et il existe plusieurs scènes odieuses où le Prophète avait subi les pires des méchancetés et moqueries durant ces années de la part des mecquois. Mais le Messager de Dieu demeura patient face à ces épreuves et répondait parfois par le silence, ou parfois Il s’adressait à ces ignares mecquois en disant « Ô Qoreïche ! Qu’est donc ce voisinage ? »

Dieu dans le Coran répondait aux exactions de certains mecquois, non pas parce qu’ils refusaient de croire en Mohammed, mais parce qu’ils étaient injustes et incultes envers Lui. Ainsi le Verset ci-dessus s’adresse à une personne désignée, en l’occurrence du nom d’Al-Akhnas ibn Ath-Thaqafi ibn Shuraik ; par conséquent on ne peut généraliser ce Verset à tous les gens, sous prétexte qu’ils s’opposent à Mohammed.

Mohammed fut moqué, et tourné en dérision, voir même insulté. Dieu Lui-même révèle dans le Coran plusieurs calomnies et insultes proférées contre Mohammed. Cependant si Dieu avait cette légitimité de répondre et de condamner certains d’entre eux, Il imposait à son Messager de garder sa sérénité et d’endurer avec patience ce lynchage. Voilà comment Dieu orientait son Prophète :

« Endure ! Ton endurance [ne viendra] qu'avec (l'aide) de Dieu. Ne t'afflige pas pour eux. Et ne sois pas angoissé à cause de leurs manigances. » (Sourate 16 ; verset 127) 

« On s'est moqué des messagers venus avant toi. Et ceux qui se sont moqués d'eux, se virent frapper de toutes parts par l'objet même de leurs moqueries ! » (Sourate 22 ; verset 41)

« Les objections qui te sont faites aujourd’hui sont les mêmes qui ont été faites aux prophètes qui t’ont précédé. Mais si ton Seigneur est Enclin au Pardon, Il n’en n’est pas moins Incapable quand Il sévit !» (Sourate 41 ; verset 43)


Le: 2019-02-20 Par: M.A

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