RÉCIT 59 : Abou Lahab, cet oncle du Prophète Mohammed damné par le Coran :



Abou Lahab est le surnom donné à l’un des oncles du Prophète. Son vrai nom est Abdel-‘Ouzza fils d’Abdelmouttaib (grand père du Prophète), un homme influent à la Mecque pour sa lignée généalogique et son appartenance à la Tribu Hachim. Si Abou Talib, Hamza et Al-Abbas étaient ses autres oncles paternels aimés dans l’histoire musulmane, Abou Lahab demeure le plus détesté, le banni par le Coran, celui-là même qui fut le tout premier à déverser sa haine contre la personne du Prophétie Mohammed et son Message.

Rappelons que cette hostilité d’Abou Lahab n’est apparue qu’au premier jour où Mohammed annonça sa prophétie et son Message. Abou Lahab fut l’un des premiers à exprimer sa joie à la naissance de Mohammed et il avait une certaine affection pour son neveu. L’hostilité d’Abou Lahab envers Mohammed n’est en réalité qu’une opposition farouche contre sa religion, celle-ci va l’aveugler à tel point qu’il commettra de graves injustices et Dieu révèlera à son propos une Sourate qui le damnera, lui et son épouse. C’est la Sourate « Al-Massad – Les Fibres :

« Que périssent les deux mains d'Abou-Lahab et que lui-même périsse. Sa fortune ne lui sert à rien, ni ce qu'il a acquis. Il sera brûlé dans un Feu plein de flammes, de même sa femme, la porteuse de bois, à son cou, une corde de fibres. »

La question à poser est celle-ci : pourquoi Dieu damne-t-Il Abou Lahab et son épouse dans le Coran ? Cette question va ne permettre de comprendre un message profond que certains ignorent à propos de cette Sourate et de la condamnation divine d’Abou Lahab.

Tout d’abord, à aucun moment le Prophète n’a maudit, ni manqué de respect à son oncle, malgré ses attaques incessantes, honteuses et injustes. Dieu Seul peut juger et condamner les êtres humains. Dieu le fit dans le Coran pour plusieurs personnes au temps du Prophète, tout comme certains personnages cités dans le Coran, comme Pharaon à l’époque du Prophète Moïse.

Le Prophète restera fidèle aux enseignements du Coran : transmettre le Message divin sans contrainte, endurer les épreuves qu’Il allait traverser et supporter de la plus belle manière les méfaits de son peuple. Il est un Messager de la miséricorde et non de la malédiction. Et nous verrons que Mohammed restera sur cette orientation dictée par Dieu, tout au long de sa mission.

Si Dieu révéla une Sourate entière à l’encontre d’Abou Lahab pour lui annoncer sa damnation et sa perte, ce n’est pas par ce qu’il refuse d’embrasser l’islam, car dans ce cas, Abou Talib rejeta également l’islam. Non, la riposte coranique à l’encontre d’Abou Lahab réside dans son obstination à bafouer la dignité humaine, à faire prévaloir son intérêt personnel au détriment de l’intérêt général, et à transgresser les règles de sa propre tribu. Voici quelques raisons :

Ce que fit Abou Lahab était extrêmement dangereux et irresponsable. Il fut le premier à bafouer la dignité et l’honneur de Mohammed en le traitant de « fou » publiquement. Il a ainsi ouvert une porte aux gens pour faire de même, tout le monde s’est mis à dire « Mohammed le fou », alors qu’Il était surnommé le Véridique -digne de confiance. Quant à l’épouse d’Abou Lahab, elle avait pris cette habitude d’éparpiller des branches d’arbustes avec des épines sur le chemin que prenait Mohammed durant la nuit. Le but était de blesser physiquement le Prophète qui marchait pieds nus sur ces épines.

Par ailleurs Abou Lahab va transgresser les règles qui régissent la société tribale de l’époque. Il désobéit à la décision du chef de la tribu (Abou Talib) qui donna ordre de soutenir Mohammed. Comme nous le verrons, même si les membres de tribu Hachim demeurèrent idolâtres en majorité, ils soutiendront néanmoins Mohammed et le protégeront au péril de leur vie. C’était une règle établie par les tribus arabes, et qu’Abou Lahab a transgressé.

Abou Lahab va encore plus loin en s’alliant aux tribus adverses contre la sienne. Il bafoua les codes de sa propre tribu, il porta atteinte à l’honneur de la famille, c’était une trahison envers la grande tribu Hachim, dont il en sera isolé. C’est comme trahir sa patrie de nos jours.

De plus Abou Lahab craignait pour ses intérêts personnels. En effet il faisait sa fortune qu’il amassait injustement sur le dos des gens qu’il a réduit, lui et ses semblables, à l’ignorance et à l’asservissement. Il était menacé par le Message du Prophète qui appelait à l’instruction, à l’égalité et à la liberté des individus. Abou Lahab avait bien compris l’enjeu, et c’est ainsi qu’il déclara une hostilité sans limites au Prophète pour défendre ses petits privilèges, Dieu le rappelle ainsi dans cette Sourate : « Sa fortune ne lui sert à rien, ni ce qu'il a acquis ».

Quelques années plus tard Abou Lahab sera atteint d’une atroce maladie qui obligea ses enfants à l’isoler loin de la ville dans une petite pièce fermée de crainte qu’il contamine les gens. On lui jetait de loin la nourriture sans jamais l’approcher. Ainsi il trouva la mort isolée de tous. Il est rapporté dans une version qu’à sa mort, on fit écrouler la construction sur lui et ce fut sa tombe. Telle fut la fin de cet homme.

Dieu rendit éternelle cette histoire avec Abou Lahab dans une petite Sourate du Coran, un enseignement adressé aux générations pour ne pas emprunter ce chemin obscur. Dans cette vie, chacun est libre de croire ou de ne pas croire, c’est une liberté donnée par Dieu à tous, Seul Lui peut sonder les cœurs, guider ou égarer. Cependant se comporter comme Abou Lahab en bafouant la dignité humaine, en trahissant sa patrie en transgressant ses règles et ses codes, en amassant des fortunes sur le dos des pauvres gens ignorants, voilà le crime commis par Abou Lahab qui lui valut la damnation du Coran.


Le: 2019-02-17 Par: M.A

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