Présentation de l'événement - Le rire, un art pour la tolérance:



Tout d'abord, un constat :

La spécificité majeure du fonctionnement psychique humain repose sur la notion de conscience réflexive. L’homme pense, il se pose des questions pour savoir qui il est. Il construit tout au long de la vie une représentation de "soi" qui lui permet d’avoir accès à un vécu identitaire. Cependant, il imagine et construit aussi un "idéal" de ce qu’il voudrait être. L’écart entre la représentation de "soi" et "l’idéal de soi" peut être source de motivation, de créativité pour se rapprocher de cet idéal mais aussi source d’une grande souffrance avec l’impression d’être sans valeur face à la trop grande distance entre la représentation de soi et l’idéal investi.

Mais avant d'en arriver là, il faut passer par l'adolescence qui est une des étapes maturatives du long parcours de construction. Cette période est marquée par la confrontation avec un corps qui se modifie. La puberté bouleverse alors les relations avec ses proches et avec soi-même. Elle oblige à prendre de la distance avec les adultes, à tout rejeter en bloc pour affirmer son propre "soi". Mais cet éloignement confronte à un sentiment de solitude qui sollicite la confiance en soi, l’estime de soi. C’est une période inquiétante car elle interroge les fondamentaux. L’adolescent ou l'adolescente est à l’affût de tout ce qui pourrait l’aider pour répondre à cette question : Qui suis-je ? Quel adulte vais-je devenir ? Pourrais-je aimer ce que je suis au regard des idéaux investis ? C'est ici, durant cette période charnière, que se trouve le carrefour entre le basculement soit vers la délinquance et la radicalisation conduisant à l'enfermement, soit vers une vie "normale" de citoyen responsable des actes qu'il conduit en toute conscience et avec une pensée critique. On considère, en moyenne, que l'adolescence débute à l'âge de 14 ans pour se terminer vers les 21 ans. Durant cette période, courte au regard de l'entièreté de l'espérance de vie, mais longue pour l'adolescent qui cherche et se cherche, le système scolaire et universitaire, depuis la classe de troisième jusqu'à l'université, en passant par le lycée, va marquer d'une manière indélébile la pensée et la manière de penser de cet adolescent. Le système scolaire et universitaire va développer chez lui la pensée critique en lui inculquant les méthodes afin d'observer, de tester, de soupeser l'information, s'y appuyer pour argumenter, collaborer, imaginer pour innover et créer.

La construction de la pensée critique ne relève pas d'un champ particulier du savoir mais c'est l'affaire de toutes les disciplines conjuguées. De plus, cette construction trouve un levier supplémentaire dans deux enseignements bien spécifiques:

1.      l'EMI (éducation aux médias et à l'information), qui vise une lecture critique et distanciée des contenus et des formes médiatiques,

2.      l'EMC (enseignement moral et civique) qui s'appuie sur des méthodes et des pratiques pédagogiques spécifiques, de nature à faire travailler l'esprit critique : débat réglé, discussion à visée philosophique, les valeurs républicaines (liberté, égalité, fraternité, laïcité et expression des croyances, les normes, etc.

En effet, l'acquisition de cette pensée critique est un travail de longue haleine. Or celui qui quitte très tôt le circuit de l'enseignement n'est pas armé pour faire face à une incitation tant à la délinquance qu'à la radicalisation.

 

Prévenir la radicalisation, quelles mesures ?...

"Il faut radicaliser la prévention de la radicalisation" (Farid Abdelkrim)

Pour répondre à ce phénomène, les gouvernements successifs se sont dotés d'un solide dispositif comportant un volet répressif s'ajoutant à un arsenal juridique déjà très complet et un volet préventif, visant à combler les insuffisances des dispositifs existants. Citons ici les grandes étapes :

1.      Tout d'abord le gouvernement a arrêté un premier plan de lutte contre la radicalisation violente et les filières djihadistes, et a été présenté par le Ministre de l'Intérieur en Conseil des Ministres, le 23 avril 2014. Les fondations de la politique gouvernementale de prévention de la radicalisation sont inscrites dans la circulaire du 29 avril 2014 du Ministre de l'Intérieur. Ce plan visait "à démanteler les filières, à empêcher les déplacements générateurs de menaces, à lutter contre la diffusion de contenus illicites sur les réseaux, à coopérer plus efficacement au plan international". Ce plan prévoyait la mise en place d'un centre national d'assistance et de prévention de la radicalisation ainsi qu'un soutien nécessaire aux familles confrontées à ces situations.

2.      La circulaire du 19 février 2015 du ministre de l'Intérieur créait les cellules de suivi dans le cadre de la radicalisation.

3.      La circulaire du 2 décembre 2015 du ministre de l'Intérieur et du ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports décrivait les mesures relatives aux orientations en faveur de la prévention de la radicalisation.

4.      Ce plan national était actualisé le 9 mai 2016 (2ème plan) sous l’appellation PART (Plan d’Action contre la Radicalisation et le Terrorisme) et s’articulait autour de 7 axes.

5.      La circulaire du 13 mai 2016 du Premier ministre venait renforcer le dispositif mis en place et constatait que la mise en œuvre territoriale devait être renforcée.

6.      Enfin, le vendredi 23 février 2018, le premier ministre, Édouard Philippe, présentait le Plan national de prévention de la radicalisation "Prévenir pour protéger". Ce plan constitue la troisième initiative gouvernementale en la matière. Deux dimensions semblent prioritaires parmi les 60 mesures listées dans ce rapport. D’une part, la prévention en amont, notamment via la formulation d’un contre-discours solide. D’autre part, la synergie des dispositifs, et le partage d’expérience avec ce qui se fait à l’étranger.

 

Parmi les 60 mesures nous en retiendrons deux qui nous semblent très importantes car touchant directement les élèves, tant adolescents que jeunes adultes, dans leurs lieux de vie, (comme la famille, le quartier, l'école, l'université), et durant leur adolescence, période maturative de construction tant du corps que de l'esprit. Ces deux mesures sont les suivantes :

1.      La mesure 9 vise à renforcer les défenses des élèves (1.1.4). Elle stipule : "Prémunir les élèves face au risque de radicalisation dans l’espace numérique et aux théories du complot en systématisant l’éducation aux médias et à l’information (EMI), tout en développant leur pensée critique et la culture du débat."

2.      La mesure 17 vise à développer le contre discours (1.3.1). Elle stipule : "Encourager le contre discours républicain sur plusieurs registres (y compris humoristique, artistique et religieux) porté par différents intervenants (intellectuels, sportifs et militants internautes) auprès de publics divers, notamment les jeunes et les femmes".

 

…et parmi elles, l’humour.

L'humour permettrait-il, sous le couvert de la plaisanterie, du rire, de se confronter à d'autres idées, de combattre efficacement les pensées déviantes, de réagir aux méthodes et techniques d'embrigadement de nos jeunes adolescents et jeunes hommes.

Oui nous en sommes persuadés et il doit de ce fait participer à la prévention de la radicalisation.

Mais pour ce faire il faudrait réunir au moins trois conditions :

1. Avoir vécu la radicalisation de l'intérieur, comme musulman,

2. Avoir réfléchi et, seul, avoir fait l'effort d'en sortir,

3. Enfin être capable d'exposer clairement la situation en se servant de l'humour.

Donc, seul un musulman, connaissant parfaitement les textes fondamentaux, ayant une facilité d'expression et un sens pédagogique acéré peut effectuer cet exercice de haut vol qu’est la prévention de la radicalisation.

Celui qui nous semble apte à relever ce défi est Monsieur Farid Abdelkrim. Nous y reviendrons plus tard.

 

Plusieurs représentations d'un spectacle de Monsieur Farid Abdelkrim, « Le chemin de la gare » (voir ci-dessous) suivi d’un débat avec les participants vont être proposées :

1.      Tout d'abord en direction de jeunes lycéens, en l'espace d'un instant, une réflexion opérationnelle sur les aspects de la radicalisation, sur la lecture critique au travers d'un spectacle, suivi systématiquement d'un débat. Deux représentations auront lieu :

a.       Le 5 février 2019, après-midi, au Forum à Feurs, au profit de lycéens de Feurs, Montbrison et Boën-sur-Lignon,

b.      Le 7 février 2019, après-midi, dans la salle Aristide Briand à Saint Chamond, au profit de lycéens de Saint Chamond et de Rive-de-Gier.

2.      Puis en direction des populations qui doivent être aussi sensibilisées au phénomène et aussi rassurées pour participer activement à cette lutte. Deux représentations auront lieu :

a.       Le 5 février 2019, à 19h30 , au Forum à Feurs, au profit des populations des alentours de Feurs, Montbrison et Boën-sur-Lignon,

b.      Le 7 février 2019, à 19h30, dans la salle Aristide Briand à Saint Chamond, au profit des populations des alentours de Saint Chamond et de toute la vallée du Gier.

 

1. Un spectacle est donné, un SUD, c'est-à-dire un "Stand-Up Debat". C'est le déclencheur, une manière d'entrer sur les questions de fond, comme le vivre ensemble, la laïcité, le questionnement sur la radicalisation, les réseaux sociaux, les "fake news", le web, etc.

2. En seconde partie, le "Debat" : la parole est donnée au public visé qui réagit "à chaud" et engage une discussion avec Farid Abdelkrim.

 

Le spectacle proposé


LE CHEMIN DE LA GARE. 

Écrit, mis en scène et interprété par Farid Abdelkrim.

Dans ce qu’il qualifie de One Man “Halal“ Chaud, Farid nous raconte “LE CHEMIN DE LA GARE“ qui traite de cette quête de l’homme par l’homme. Une manière bien à lui de dire que chercher sa voie ne veut pas forcément dire l’avoir trouvée. Et savoir qu’il existe une gare, et qu’un ou plusieurs chemins y mènent, ne veut pas dire qu’on saura y aller ni même qu’on ait vraiment envie d’y aller. Mais en supposant qu’on parvienne jusqu’à cette gare, pas forcé qu’on sache quel train prendre ou qu’on ait envie d’en prendre un. Il se peut même qu’on l’ait loupé. Particulièrement apprécié pour sa vitalité bouillonnante, son aisance sur scène et sa plume dynamique. Farid vous invite à un spectacle osé qui ne laissera personne indifférent.

 

Un artiste : Farid ABDELKRIM

 

1 -PRÉSENTATION

Farid Abdelkrim est un auteur, comédien, humoriste et réalisateur.

Il est considéré aujourd'hui comme un "influenceur issu de l'immigration" (Le Figaro du 22/02/2018, article de Carnevin et Chichiloza intitulé "Face à l'islam radical, l'Etat promet le théâtre dans les quartiers", article dans lequel Farid Abdelkrim est notamment cité en exemple.)

C'est l'étonnant parcours d'un gamin à la dérive : de la délinquance, à l'islamisme, avant de faire demi-tour en 2010. Ce gamin a aujourd'hui 50 ans.

D’origine algérienne, Farid Abdelkrim est né le 25 juin 1967 à Nantes (44). Après des débuts scolaires brillants, il connaîtra, suite au décès de son père en 1980, un véritable échec au collège. Cette période correspond également à ses débuts avec la délinquance.

Ses résultats médiocres aidant, Farid se voit alors orienté vers le lycée professionnel pour un BEP Mécanicien Monteur qu’il réussira à obtenir tant bien que mal après avoir redoublé sa seconde année. Il se retrouve alors, grâce à son frère cadet, admis en Mention Complémentaire de Dessin Industriel en Construction Mécanique… C’est durant cette année qu’il se convertit à l’islam. Il entame alors un baccalauréat en Productique Mécanique et enchaîne des études de sociologie jusqu’en DEA. Sa conversion à l’islam est accompagnée presque instantanément par un engagement associatif. Farid milite alors dans plusieurs associations en intégrant l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) durant plus de 15 ans.

Puis c'est la rupture car "en cherchant Dieu, à travers l'islam, j'avais fini par trouver l'islamisme. Et cet islamisme, le mien, ici, en France ne m'a pas conduit à Dieu, il m'en a éloigné et m'a éloigné de moi-même" écrit-il dans son livre "Pourquoi j'ai cessé d'être islamiste".

Aujourd'hui, Farid est revenu à un islam intérieur et à ses premiers amours : la scène o^il interprète, Je vous déclare la paix et le fameux Chemin de la gare qui nous sera offert de voir en février 2019.

 

2 –BIBLIOGRAPHIE

Il est auteur de plusieurs ouvrages dont "Pourquoi j'ai cessé d'être islamiste" éd Les Points sur le i, 2015 –L'Islam sera français ou ne sera pas" éd Les Points sur le i, 2015.

 

3 -TÉLÉVISION

Il a participé à plusieurs débats télévisés et émissions dont le dernier interview  avec des journalistes tels que Pujadas (LCI à 18h10 le 27 mars 2018, sujet "Islamisme : sommes-nous trop naïfs ?".)

 

4 -CHRONIQUE POUR LE NET

Réalisation de l’émission "Pare-Chocs", écrit, mis en scène et interprété par Farid Abdelkrim, 2007. Réalisation de l’émission "Causerie", par Tareq Oubrou, 2007. Réalisation de l’émission "Passé Décomposé", par Charafeddine Mouslim, 2007. Réalisation de l’émission "Actualis", par Mahmoud Doua,, 2007.

Depuis le 15 septembre 2017, Farid Abdelkrim a lancé une Web-série intitulée "Un muslim qui te veut du bien". « Tu n'entendras jamais ce que tu veux entendre, non ! Avec moi, tu caméra, Farid Abdelkrim fait se questionner le spectateur sur sa pratique de la religion et sa n'entendras jamais que ce que tu dois entendre et ça, parce que je te veux du bien, tout simplement », explique-t-il, dans une présentation de son projet. Dans la pénombre, seul face à la relation avec Dieu.

 

Une association : AMEA

L’A.M.E.A, "Association Musulmane El Andalous" est une association culturelle régie par la Loi du 1er juillet 1901. Libre et indépendante, sous aucune influence d'une quelconque instance ou mouvance locale, régionale, nationale ou étrangère, statutairement apolitique et à but non lucratif, notre association a vu le jour le 1er Novembre 2006. Son siège se situe actuellement au 4 bis place Île de France, à Saint-Chamond (42400).. Nous y accueillons toute personne (musulmane ou non) de bonne volonté qui veut adhérer librement à nos objectifs pluriels. Cliquez ici


Une association : AGASEF

Crée en 1969 par les représentants des pouvoirs publics, Mairie de Saint-Etienne, Caisse d’Allocations Familiales et HLM dans le cadre de la résorption de l’habitat insalubre, l’AGASEF - Association de Gestion de l'Action Sociale des Ensembles Familiaux – a pour objectif la responsabilisation des individus et des groupes, afin d'améliorer l'insertion sociale et résoudre les problèmes sociaux. Ses moyens d'actions sont notamment, l'information, l'éducation, la formation, les pratiques de gestion et d'économie, et toutes nouvelles méthodes concourant à ce but. Cliquez ici

 

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Le: 2019-01-05 Par: M.A

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